L’adrйnaline plus la tendresse sont au-dessus de l’abоme de la dialectique

Le monde virtuel de l’йcrivain Vladimir Korotkevitch, qui le reprйsente le mieux, est sa cйlиbre oeuvre culte “La chasse sauvage du roi Stakh”. Les acteurs du Thйвtre national acadйmique portant le nom de Yanka Koupala jouent dans cette oeuvre comme dans un polar psychologique
Les admirateurs de la langue expressive et d’un style littйraire recherchй “avalent” toujours ce livre, car rien n’a changй depuis les annйes 60–70, oщ l’oeuvre a йtй publiйe pour la premiиre fois dans une revue et un peu plus tard dans le format d’un livre beaucoup plus digne pour cette oeuvre.

En s’immergeant dans le monde de l’йcrivain, on trouve tout ce qui agite l’imagination et les sentiments: l’intrigue, la poйsie, des images vives et de la philosophie. Outre cela il y a aussi un dynamisme tendu et un sujet frappant. Donc, il est tout а fait naturel, que le rйsultat donne une bonne dose d’adrйnaline, sans laquelle la “nourriture” littйraire, ainsi que la nourriture thйвtrale, ressambleraient а un plat diйtйtique sans sel ni йpices.

Dans le spectacle d’acteurs du Thйвtre Yanka Koupala il y a assez d’adrйnaline, car cette mise en scиne possиde toutes les composantes d’un polar: une ambience secrиte et mystique, des poursuites et le dйvoilement du crime, dont les empreintes nous emmиnent dans les siиcles passйs. Cette oeuvre parle d’un noble riche Yanovsky, qui, il y a 200 ans, a trahi son frиre, le roi Stakh. Avant son dйcиs celui-ci a maudi tous les Yanovsky jusqu’а la vingtiиme gйnйration. Cette lйgende crййe par Vladimir Korotkevitch avec une grande maоtrise sert de noeud pour le dйveloppement du sujet, d’aprиs lequel le jeune scientifique-ethnographe Andreп Beloretsky fait une enquкte sur l’histoire de la malйdiction patrimoniale, en tombant amoureux de la derniиre reprйsentante de la famille Yanovsky — Nadejda, qui selon le “scйnario” de cette malйdiction doit mourir. Certes, le principal hйros sauvera la fille et, comme dit le proverbe, il montrera tous les personnages sous leur vrai jour.

La mise en scиne de Victor Timofйev mйrite un grand article а part, parce qu’elle est vraiment extraordinaire. Dиs le dйbut du spectacle la scиne, construite de planches en bois est au niveau de la rйalitй, oщ tous les йvйnements se dйroulent. L’espace “respire”: les planches bougent et se soulиvent, dans leurs fentes apparaissent des mains et, comme en sortant de la nuit noire, sur l’estrade de la vie sortent des fantфmes et des ombres …Sur la scиne apparaissent des serviteurs, des visiteurs du chвteau et des chasseurs “de la chasse sauvage”, qui sont tous impersonnels et qui servent de masse grise pour constituer le fond des personnages principaux — Nadejda Yanovsky et Andreп Beloretsky. Une des rйussites du metteur en scиne est l’escalier, conduisant aux йtages supйrieurs du chвteau, ou alors dans le passй ou un espace inconnu. D’aprиs la logique du rйalisateur Savitski, les spectateurs doivent йprouver une peur de cette abоme cosmique. Moi, personnellement, je n’oublierai pas les herses brillantes comme des йmeraudes sous la lumiиre, qui m’ont semblй кtre des yeux dans l’espace, observant impassiblement tout ce qui se passe dans le monde, oщ les gens ont crйй et continuent а crйer l’enfer et le paradis terrestres. Tout au long du spectacle on entend des sons mystiques et on observe un jeu de lumiиre des projecteurs. La scиne du “marais” goinfre est tellement vraisemblable et accentuйe dans cette atmosphиre de mystиre et de peur par la musique de Pavel Zakharenko.

On ne s’ennuie pas en regardant ce spectacle, car le metteur en scиne a su montrer habilement ce qu’il a voulu aux spectateurs en utilisant des effets thйвtraux. Il parle de l’amour, du bien et de la compassion. Il paraоt, que dans la comprйhension de Vladimir Savitski du thйвtre, celui-ci est toujours le professeur de la vie. Ce metteur en scиne nous donne une leзon et il le fait vraiment avec du talent, en montrant un bon goыt et la comprйhension du style et les exigences de la vie moderne. C’est pourquoi on peut faire un compliment а cet adhйrent du thйвtre de polar psychologique, car il ne fait pas une autorйalisation avec des effets impressionnants mais fait le jeu sur le talent des acteurs.

Dans la version de Savitski le sujet principal du spectacle est l’amour, qui rйanime et qui donne la force de vaincre le mal. Le metteur en scиne ne s’enfonce pas dans l’йtude dialectique du bien et du mal. Il essaie de dйviner et de comprendre Korotkevitch et il constate, que le mal, comme tel, n’existe pas dans son aspect propre, car ce ne sont que les gens qui le crйent. C’est pourquoi le “mal” dans le spectacle est reprйsentй par des gens, йtant devenus pour certaine raisons malheureux, envieux, dur et vindicatif. Ce qui est йtrange, est qu’en les regardant, on ne les plaint pas, mais avec l’actrice Anna Hitrik qui a jouй Nadejda Janovsky on йprouve un sentiment de gйnйrositй, car elle dit а sa servante (l’actrice Yulia Mikhnevitch) “Je te pardonne”, quant celle-ci arrache de sa tкte son bandeau, libйrant ses cheveux d’or. Ceci pour montrer son mйchant dйsespoir et son dйsir passionnй de vouloir кtre aussi riche que sa maоtresse. Son dйsir est tout а fait comprйhensible, ainsi que le dйsir d’un autre reprйsentant de la “force mйchante”, l’inspecteur de la bibliothиque Berman-Gatsevitch. Pour qui il se prend cette homme? Aprиs avoir йtudiй soigneusement les documents patrimoniaux, il s’imagine кtre le messie et prent la dйcision de tuer Nadejda Yanovsky. Pour Savitski l’inspecteur Yalin, gйrant des Bolotny, est un petit frйtin, un interprиte pitoyable et dйgoutant de la volontй d’autrui. L’acteur Alexandre Pavlov a rйussi a jouй ce rфle d’une maniиre vraiment talentueuse. A la fin du premier acte sur la scиne apparait Doubatovk, l’oncle de Nadejda Janovsky, qui est l’idйologue principal de la “chasse du roi Stakh”. C’est un personnage proche d’elle d’aprиs le sang et son adversaire en mкme temps. Dans le finale, quand “la chasse sauvage” est fini, j’ai йtй un peu chagrinйe de voir la mort du charmant oncle, car grвce а l’acteur Oleg Garbuz, ce personnage gйnиre une force et une suretй. Cet hйros sait ce qu’il veut obtenir et c’est pourquoi on veut croire qu’il pourrait changer. Doubatovk est reprйsentй par l’acteur comme une personne pour qui le pouvoir sur les gens et sa niиce est ce qu’il y a de plus savoureux dans le monde et cette interprйtation a йtй rendu trиs intйressante par le metteur en scиne.

Le metteur en scиne a eu aussi beaucoup de chance pour bien choisir le duo d’acteur amoureux. Anna Hitrik et Roman Podoliako sont des йtoiles montantes sur l’horizon thйвtral. En tout cas, les critiques d’art prйdisent un futur brillant а ces jeunes acteurs. Et non sans raison, car ils ont jouй avec talent “La ballade Alpine” de Vassile Bykov dans la mise en scиne de Savitski et ils ont pris une part active dans le rйpertoire du thйвtre. Pourquoi nous captivent-ils dans “La chasse sauvage..?”

Moi, j’йprouve toujours de la sympathie pour Anna Hitrik chaque fois, que je la voie sur scиne, quel que soit son rфle. J’ose le dire, dans le Thйвtre acadйmique national il n’y a pas d’actrices comme elle, fragiles et tendres, comme du cristal fin. Le charme de cette actrice est йvident. Elle est intelligente. Elle dit rien mais tu comprends, а quoi pense cette hйroпne.

Quand elle parle, elle le fait sans fйlure et d’une faзon pйnйtrante. Il paraоt, que le metteur en scиne a donnй habilement la direction de son rфle а Hitrik-Yanovsky pour ce spectacle et c’est а elle maintenant de le rйaliser. Et elle le fait d’une maniиre belle et plastique comme toujours dans sa vie, quoi qu’elle fasse: parler avec une poupйe de chiffon ou chercher la protection de Beloretsky. Hitrik a eu plus de chances que Podoliako, car son partenaire a beaucoup moins de texte dans ce spectacle et, par consйquance une base dramaturgique plus faible. Mais tout de mкme l’acteur a rйussi а transmettre une vraisemblance psychologique. Regardez, voila il a vu la beautй de la jeune Yanovsky, il s’йtonne en l’йcoutant parlй de choses йtranges qui se passent avec elle, et, enfin, on voie une lumiиre dans ses yeux, car ses sentiments sont mutuels…

Le happy-end du spectacle rйjouira les spectateurs par son ton majeur, en faisant jaillir des йtincelles d’adrйnaline avec une nuance de tendresse et de silence au coeur. Cela йmouvoit la substance nommйe “вme”. Je ne peux pas parler pour les autres, mais mon вme a planй prиs des vкtements blancs flottant de l’hйroпne, libйrй des illusions de la peur de la vie, quand on ne veut pas chercher les coupables dans ce monde, ni penser а la dialectique йternelle du bien et du mal, quand on veut tout pardonner. C’est sur cela que le thйвtre a comptй.

Valentina Jdanovitch
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