Nordshtrem vit sur le toit du monde

Ce cйlиbre metteur en scиne suйdois travaille activement а Minsk 
Le talentueux metteur en scиne suйdois Alexandre Nordshtrem produit beaucoup. Ses spectacles sont vu а Stockholm, Novossibirsk, Saint-Pйtersbourg, Riga, Krasnoпarsk, Kazan et maintenant а Minsk: sur la petite scиne du thйвtre Koupala a eu lieu la premiиre du spectacle de monologue “L’оle de Sakhaline” d’aprиs l’oeuvre de Tchekov. En juin, si tout se passe avec succиs, dans le Thйвtre national de l’opйra du Bйlarus aura lieu la premiиre de l’opйra de Puccini “Janny Skikki” dans une mise en scиne d’Alexandre Nordshtrem. Nordshtrem est un ancien habitant de Saint-Pйtersbourg et un йlиve de Tovstonogov, suйdois d’aprиs ses origines paternelles. Il coud une toile commune en unissant des morceaux de cultures diffйrentes. Les coutures de cette toile sont imperceptibles. Malgrй les diffйrences de mentalitйs, l’unitй spirituelle de Minsk et Stockholm, de Moscou et Riga pour Alexandre Nordshtrem est йvidente.Aprиs la premiиre de “L’Оle de Sakhaline” nous avons un peu parlй а Alexandre de thйвtre et plus sur l’argent et les particularitйs du tempйrament suйdois, ainsi que de l’attitude des йtudiants suйdois vis-а-vis du langage grossier russe, sur l’йmigration et l’infantilisme europйen.

— Comment dans votre gйographie est apparu le Bйlarus et, en particulier, le thйвtre portant le nom de Yanka Koupala?

— Tout a commencй par un projet commun suйdois-biйlorusse “Thйвtre dans la prison”. Sur cela votre presse a йcrit beaucoup. Ce projet a йtй rйalisй par l’association “N–studio”, qui je prйside en Suиde, et le club des femmes d’affaires du Bйlarus а la tкte duquel se trouve Tatiana Safronenko. Ma femme en tant que producteur a menй les nйgociations. En ce qui concerne Raevski, je le connais depuis les temps soviйtiques suite а nos travaux en laboratoires et sйminaires communs.

— Comment vous кtes-vous retrouvй а l’opйra?

— Je dйsirais beaucoup mettre en scиne un opйra! Je ne travaille pas dans ce genre pour la premiиre fois et chaque fois j’en йprouve un йnorme plaisir. Travailler avec le thйвtre d’opйra biйlorusse est entiиrement du а ma propre initiative.

— Est-ce que la coopйration avec le thйвtre Koupala se prolongera?

— Oui, nous nйgocions. A mon regard, c’est le thйвtre biйlorusse le meilleur et le plus intйressant, en tout cas, а Minsk. Avec une trиs bonne troupe, une jeunesse de talent et une gйnйration de senior intйressante. Si je dois faire quelque chose dans ce thйвtre dramatique, se sera seulement avec ceux-ci.

— Quand vous avez commencй de travailler avec Tovstonogov, йtait-il dйjа un maоtre?

— Oui. C’йtait non seulement un metteur en scиne mais un maоtre. A l’йpoque il mettait en scиne “Kholstomer” et ne sortait jamais sans sa suite. Il apparaissait chez nous une fois par mois et nous trouvions, que nous avions beaucoup de chance.

— Est-ce que l’йmigration a йtй pйnible pour vous?

— Non, pas du tout. Je suis vraiment suйdois d’aprиs ma nationalitй, car mon pиre est suйdois. Sur mes documents jusqu’а 16 ans j’йtais un sujet suйdois. Aprиs la fin de mes йtudes а l’institut j’ai travaillй comme metteur en scиne principal а Pйtrozavodsk dans un Thйвtre de dramaturgie finlandaise et j’allais en Finlande pour mettre en scиne des spectacles.

Ensuite j’ai voulu aller en Suиde. Je suis allй а l’ambassade et j’ai dit, que je voulais voir le pays natal de mon pиre. Cela s’est passй en 1990. Ils m’ont dit : “C’est bien, mais il vous faut une invitation”. Je leur ai dit, que je n’ai plus de parents en Suиde et que je n’ai pas d’invitation. “Alors, on ne peut rien faire pour vous”, m’ont-ils rйpondu. “Mais comment puis-je faire?” j’insistais, alors, ils m’ont dit : “Si tous vos documents sont en ordre, posez votre candidature et vous recevrez un permis de sйjour”.

— Vous n’avez jamais de problиmes avec l’acclimatation psychologique?

— Cela d’abord a йtй difficile. Il m’a fallu apprendre la langue. Je ne la connaissais pas, j’utilisais dans le travail l’anglais. Certes, il йtait agrйable de partir de la Russie en Suиde, car lа-bas tout est propre, en ordre, c’est le repos. Je vais souvent avec des amis suйdois а Saint-Pйtersbourg. Ils disent, que cette ville leur rappelle le Stockholm de 1960, oщ tout est un peu dйtruit et oubliй... et lа commence la nostalgie. Mais si а Stockholm maintenant tout est propre et stйrile la vie des gens lа-bas n’est pas plus heureuse, croyez-moi. Je peux dire cela, car le nombre de suicides par habitant est lа plus йlevй qu’au Bйlarus. Pour les droguйs, je pense, pas moins, et surement qu’il y a plus d’“herbes” et de comprimйs.

— C’est un vieux sujet, mais quand mкme, quelle est, а votre avis, la raison de l’apparition dans une Europe prospиre d’oeuvres pathologiques, telles que “Pianiste” d’Elfrida Elinek et des bandes radicales de Michael Haneke?

— Il me semble, que cela provient de l’infantilisme йmotionnel et de la frigiditй des suйdois. Cela fait 200 ans qu’ils ne font pas la guerre. En 2009 ce sera l’anniversaire de la derniиre guerre. Cela inflige une certaine empreinte. Ils n’ont pas connu les malheurs de la Deuxiиme guerre mondiale, ni de la Premiиre guerre mondiale.

...Ma femme parfois travaille en tant que chef de groupes d’excursion dans une solide agence touristique, oщ les contingents sont trиs sйrieux, ce sont des retraitйs suйdois aisйs qui viennent а Moscou et а Saint-Pйtersbourg. Ces voyages coыte un argent fou. Et donc, а ces charmants retraitйs, bien instruits, riches et humains elle raconte que “pendant le blocus il est mort un million de personnes dans une ville comptant une population de trois millions de personnes...” Ils entendent cela, mais ce chiffre est tellement immense qu’il ne produit aucun effet sur eux. Bien qu’eux aussi aient leurs associations liйes au blocus. Un jour une vielle dame йcoutant ma femme raconter la tragйdie de l’hiver du blocus soudain a dit: “Oui, je me rappelle, chez nous cette annйe-lа dans le jardin toutes les pommes ont gelйes”. Voila ce qu’est pour eux la Deuxiиme guerre mondiale — “toutes les pommes ont gelйes”...

Ils n’ont pas l’expйrience des souffrances йmotionnelles. Et dans ce sens la Suиde est un pays unique, parce que ses voisins les Finnois, les Norvйgiens et les Danois sont passйs par la guerre. Ils ont йprouvй toutes ces maleurs. Les suйdois dans ce sens sont des gens tout а fait innocents. Et c’est remarquable. Souhaiter а n’importe quel peuple la guerre est un pйchй. Cela vous explique simplement dans quoi est notre diffйrence.

La plupart des habitants de Stockholm, comme ceux de Minsk, dans le passй йtaient des gens ruraux. Ils n’aiment pas lorsque tu violes leurs limites. Dans la culture slave cette autorecherche se passe moins douloureusement. Elle est plutфt plus profonde et plus curative.

Moi, par exemple, je n’ai lu rien de plus pathologique, sauf l’oeuvre de la dame, que vous avez mentionnй et je comprends, pourquoi elle a reзu le prix Nobel. C’est une femme et en Europe le fйminisme et l’йgalitй des sexes sont trиs populaires, outre cela elle est trиs proche des suйdois d’aprиs son esprit. Ils l’acceptent et la comprennent. Je dis cela, parce que je vois la situation de l’intйrieur. Ma fille a grandi lа-bas, elle est tout а fait suиdoise.

— De quoi s’occupe-t-elle?

— Heureusement, est entrйe а la meilleure йcole technique supйrieure de la Suиde. Mais avec cela elle joue aussi dans un thйвtre amateur d’йtudiant et cela me trouble un peu.

— Sous votre influence?

— Non. En aucun cas.

— Mais chez elle, quelle est sa relation avec la culture russe?

—Si son pиre et sa mиre du matin au soir ne parlent que de cela, il est naturel, que cela agisse sur elle. Elle parle couramment le russe, ainsi que le suйdois, l’anglais et le franзais. Par rapport а l’anglais, vous savez, les enfants suйdois ne l’apprennent mкme pas а l’йcole, on ne sait comment mais ils l’aprennent...

— Pour vous, en tant que peintre, est-il important, que votre fille atteigne un haut status social?

— Absolument. Elle est vient d’entrйe dans une institution difficile. Elle a aussi fini une solide йcole spйcialisйe. Pour moi c’est trиs important, parce que, malgrй le semblant d’йgalitй, la diffйrence sociale entre les classes en Suиde est immense. Ton adresse dit tout sur toi. La sociйtй moderne, malheureusement, est trиs cruelle...

Valentin Petrovsky
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