Le langage de la comprйhension mutuelle

Les diplomates biйlorusses а l’ONU crйent une image du pays, qui contribue а l’йtablissement de plus larges contacts
D’aprиs une lйgende connue les habitants de Babylone, qui ont concu la construction d’une tour montant au ciel, ils ont йtй punis pour leur impertinence, car ils ont perdu la capacitй de comprendre la langue de l’un et de l’autre. Le quartier gйnйral de l’ONU est le Babylone de nos jours, oщ travaillent les reprйsentants de 192 pays du monde, qui ne se comprennent pas souvent l’un et l’autre, malgrй le nombre immense d’interprиtes. Voici l’interview du reprйsentant constant du Bйlarus а l’ONU Andreп Dapkunas sur la comprйhension mutuelle et le respect dans cette organisation universelle et dans le monde.

— Comme on le sait, l’ONU a йtй crйй en 1945 pour prйvenir des guerres йvantuelles. Hйlas, depuis ce temps-lа le monde a йprouvй une masse de conflits sanglants. Le Liban est le dernier exemple pittoresque. Il y a une question: l’organisation dans son aspect actuel est-elle capable de rйgler des crises mondiales?

— L’ONU est capable de rйgler des conflits internationaux, ce qu’elle a dйjа prouvй plusieurs fois. De plus, on parle plus souvent des guerres, qui ont eclatй, que de celles, qui ont йtй йvitй. Mais vis-а-vis du Proche-Orient il faut reconnaоtre, que l’organisation ne s’est pas manifestй du bon cфtй. Car le Conseil de Sйcuritй a йtй incapable pendant longtemps non seulement d’entreprendre des actions effectives, mais mкme de formuler nettement sa position.

— Faut-il compter sur l’ONU?

— Oui, car nos espoirs liйes а cette organisation sont raisonnables, pourtant il ne faut pas avoir de grandes illusions. Il y a 10 et 15 ans les gens du systиme dans les relations internationales croyaient, qu’arrivait une йpoque de prospйritй et qu’on pourrait rйsoudre tous les problиmes du monde grвce а l’aide de diverses organisations. Les plus grands espoirs йtaient liйs а la plus grande organisation universelle — l’ONU. Maintenant il est йvident, que les mйcanismes, que nous possйdons, ne sont pas suffisants pour rйpondre aux besoins du monde moderne.

— Le sujet de la future rйforme de l’ONU est trиs populaire aujourd’hui, mais on a aussi beaucoup parlй de cela il y a 10, 20 et 30 ans en arriиre. Quelle est la diffйrence de la situation d’aujourd’hui?

— En rйalitй pour la premiиre fois aprиs le dйsarroi du systиme bipolaire existant pendant “la guerre froide”, les йtats ont rйflйchi а la question pour une nouvelle organisation du monde. Maintenant il se rйvиle, que l’existence d’un monde unipolaire donnant des responsabilitйs excessives а un seul pays incite а des abus de pouvoir de la part de celui-ci. Parfois cela peut mкme amener а l’utilisation du pouvoir contrairement а la volontй de la communautй mondiale, comme cela a eu lieu а la veille de la guerre en Iraq. L’ONU est un mйcanisme, qui doit empкcher la monopolaritй du monde, mais ce n’est pas toujours que cette organisation fait ce travail avec efficacitй. La rйforme pour la rйforme rapportйe а l’anniversaire de l’organisation, personne n’en a besoin. Il faut se rendre compte de ce fait, que la rйformation de l’ONU est un processus long et difficile. Ce processus a commencй solennellement, cependant avec du temps il se manifeste plus distinctement les diffйrences de positions des йtats.

— Le Bйlarus prent-il part а cette discussion ou, comme dans le cas des questions importantes comme la guerre au Proche-Orient, la voix dйcidante appartient aux grandes puissances de l’arйopage de l’ONU — le Conseil de Sйcuritй?

— A mon avis, dans le travail de l’ONU on peut constater un point trиs positif: pour la premiиre fois depuis de longues annйes tous les йtats participent au processus d’йlaboration des dйcisions et des solutions, tandis qu’avant les questions primordiales йtaient toujours dйlйguйes au Conseil de Sйcuritй. Maintenant personne ne veut plus rester isolй.

— Ces changements dans le fonctionnement de l’organisation, d’oщ proviennent-ils?

— Ces derniers temps le monde s’est beaucoup rйtrйci, comme si ses dimensions avaient diminuй, et ce n’est pas pour rien, qu’il est apparu la notion de “village mondial”. Quoi qui se passe et oщ que ce soit, avec l’aide des moyens de communication et des masse-mйdias tout le monde est au courant. Cette situation modifie l’interprйtation de la notion de pйriphйrie universelle. Le rфle de chaque composant de l’odre mondial existant augmente incroyablement. Deuxiиme point important, le caractиre des menaces a changй. Avant le plus grand danger йtait la guerre entre les plus grands йtats. Maintenant au premier plan c’est le terrorisme, la criminalitй organisйe, le traffic des drogues etc. Le rфle des petits pays augmente, on ne peut nйgliger personne, puisqu’il suffit de perdre un seul йlйment de la chaоne commune, pour que l’efficacitй de la lutte avec le terrorisme baisse considйrablement.

— Pour un petit pays comme le Bйlarus ce sont des changements agrйables, n’est-ce pas?

— Oui, mais moi, je ne trouve pas le Bйlarus petit. D’aprиs la surface du pays, le taux de population et, enfin, d’aprиs le niveau de dйveloppement nous laissons plusieurs йtats derriиre nous. Notre pays est un membre important de la communautй internationale avec de sйrieuses acquisitions dans les domaines les plus diffйrents. En revenant а notre participation а l’ONU, tout le monde le sait, le Bйlarus est entrй dans cette organisation le premier jour de son existence. Il y a des questions, oщ nous ne sommes pas trop compйtants, mais il y en a d’autres, oщ nous possйdons l’expйrience, qui est absente dans plusieurs autres pays. De plus, nos intйrкts gйopolitiques n’йtaient jamais des ambitions gйopolitiques. L’activitй des diplomates biйlorusses, y compris dans l’ONU est soumise а ces intйrкts. L’objectif principal de notre activitй dans le cadre de cette organisation est le suivant: crйer une belle image du Bйlarus, qui contribuera а l’йlagissement de contacts, avant tout йconomique et commerciaux avec notre pays.

— Peut-on dire, que le Bйlarus poursuit ses intйrкts dans l’ONU?

— Certainement, il y a quelques sujets, qui prйsentent un trиs grand intйrкt pour nous et pas pour les autres pays. En premier lieu il y a tout un spectre de problиmes liй а Tchernobyl. Nous avons aussi les difficultйs de tous les йtats avec une йconomie de transition. Le reste sont des sujets et des intйrкts, qui sont la prйoccupation de tous les йtats-membres de l’ONU.

— Vous avez mentionnй l’accident de la centrale nuclйaire de Tchernobyl. Il n’est pas un secret, qu’а l’aube de notre indйpendance plusieurs йtats ont entendu parler pour la premiиre fois du Bйlarus en raison de cet accident. Notre diplomatie a contribuй а cela dans un degrй considйrable. Minsk a utilisй l’ONU comme une tribune de dйclaration des problиmes apparus et a demandй l’aide de la communautй mondiale. Les tвches de la diplomatie biйlorusse ont-elles changй aujourd’hui?

— L’estimation rйaliste de la situation ne permet pas de compter sur un renforcement brusque de l’attention de la communautй internationale au problиme de Tchernobyl, ainsi que pour une augmentation considйrable de l’aide internationale. Cependant, le fait, que l’ONU garde cette question dans son ordre du jour, c’est dйjа trиs important. Et cela malgrй les opinions contradictoires sur les consйquences de l’accident, malgrй tous les autres accidents, qui ont eu lieu dans le monde ces derniers 20 ans. Le Bйlarus a toujours йtй reconnaissant pour l’aide prкtйe, mais dans la plupart des cas on ne comptait que sur nos propres forces et possibilitйs. Ce qui est important pour nous, c’est une reprйsentation adйquate de l’ONU sur le Bйlarus pour que ses йtats-membres aient appris les consйquences de Tchernobyl en prenant l’exemple de notre pays. Cela est nйcessaire pour que les organismes de l’ONU (Programme de dйveloppement de l’ONU, UNICEF, etc) avec leurs grandes possibilitйs puissent nous aider plus activement dans l’йlimination de ces consйquences. Et je trouve, que nous arrivons au bout de cette tвche avec succиs. L’annйe passйe nous avons prйparй une nouvelle rйsolution sur les problиmes de Tchernobyl. Ce document a 69 auteurs, ce qui est un chiffre record depuis les 13 derniиres annйes pour la prйparation des rйsolutions sur Tchernobyl dans le cadre de l’Assemblйe Gйnйrale. Cela n’est pas une simple formalitй, car les йtats-membres de l’ONU pourraient seulement soutenir cette rйsolution, mais ils ont voulu devenir ses coauteurs. Ils nous ont fait un signe, pour que l’on sache, qu’ils nous soutiennent. Dans la liste des auteurs se sont retrouvйs non seulement nos partenaires et nos adhйrents, mais aussi les йtats, avec qui nous avons des diffйrends dans d’autres domaines, j’ai en vue les pays-membres de l’Union Europйenne.

— Ces derniers temps il paraоt que le Bйlrus a dйplacй un peu les accents dans son travail а l’ONU. On entend souvent parler de notre prйsidence dans le Fonds d’enfant. Ce fait est-il une simple formalitй ou une reconnaissance de notre autoritй?

— Certes, partiellement cela est la rйalisation du principe de rotation gйographique appliquйe dans l’ONU lors de la distribution des postes. Mais lors des йlections les pays ont exprimй leur approbation а notre candidature. L’UNICEF est une des plus grandes organisations du systиme de l’ONU avec un budget annuel de presque 3 milliards de dollars. Cette annйe l’UNICEF cйlиbre son 60-iиme anniversaire. Cette organisation a йtй crйй pour aider les enfants qui ont souffert des suites de la Deuxiиme guerre mondiale y compris au Bйlarus. Aujourd’hui nous avons une autre situation. Notre pays augmente son potentiel йconomique et nous nous rapprochons du moment, oщ le Bйlarus se transformera de destinataire de l’aide internationale en donneur d’aide. Il y a encore une autre expliquation а notre prйsidence а l’UNICEF. Nous participons aux nombreuses visites champкtres du Fonds d’enfant. Nous avons dйjа visitй une sйrie de pays, oщ nous nous sommes rencontrйs avec le gouvernement. Certains de ces йtats ont йtй visitй pour la premiиre fois par des reprйsentants biйlorusses. Oui, nos visites ont йtй des visites dans le cadre de l’UNICEF, mais simultanйment nous nous sommes aussi reprйsentйs avec notre qualitй nationale, ce qui a servi en bien le Bйlarus.

— Notre travail а l’ONU rapporte-t-il des succиs?

— A mon avis, oui. L’image du Bйlarus provient de beaucoup de notre travail dans le Fonds d’enfant de l’ONU. Cela se reflиte favorablement sur notre image internationale. Ces derniиres annйes nous mettons l’accent sur les grands projets crйateurs de l’ONU, qui sont aussi importants pour le Bйlarus. Un bon exemple est l’initiative du Prйsident Alexandre Loukachenko sur la nйcessitй d’intensifier la lutte de la communautй mondiale contre le commerce des gens. Nous avons une grande expйrience dans ce domaine, que nous pouvons partager. Maintenant а New York notre principal prйoccupation est la prйparation de la rйsolution de l’Assemblйe Gйnйrale. Le problиme du commerce des gens n’est pas nouveau. Certains pays essayent de le rйsoudre depuis des dйcennies. D’un coup le Bйlarus est apparu avec son initiative. Selon quel droit? Mais quand les йtats voient, que nous ne voulons pas acquйrir une gloire facile, leur attitude vis-а-vis de nous change tout de suite. Nous avons prйsentй les faits prouvant que la coordination des йtats et des instituts internationaux est insuffisante, la non-unification de la sociйtй civile dans la solution de ce problиme. Nous avons appelй а l’union et а la coordination de nos efforts communs. Voila, notre but. Les autres йtats nous prennent pour un partenaire sйrieux et nous travaillons а la mкme table avec les reprйsentants de la Russie, des USA, de l’Union Europйenne et d’autres йtats dйveloppйs.

— Le Bйlarus est un des fondateurs de l’ONU. Depuis ce temps nos diplomates а New York ont-ils crйй quelques traditions?

— Nous avons une tradition, et, а mon avis, les diplomates des autres йtats peuvent nous envier. Je ne sais mкme pas pourquoi, mais deux fois par an — au printemps et а l’automne — nous organisons des rencontres biйlorusses entre amis et collиgues. Un jour fйriй se rйunissent les diplomates biйlorusses, qui travaillent а New York et dans les autres institutions biйlorusses en Amйrique, les membres de leurs familles, ainsi que les Biйlorusses qui travaillent dans le Secrйtariat de l’ONU. Nos collиgues ne sont pas trиs nombreux dans le Secrйtariat de l’ONU, un peu moins de deux dizaines de personnes, mais ce sont des gens importants dans l’ONU qui affermissent l’image positive du Bйlarus. Je pense, que l’explication du succиs d’aujourd’hui de la diplomatie biйlorusse dans l’ONU est que la “communautй” diplomatique biйlorusse а New York estime et soutient les liens d’amitiй mutuels et qu’elle fait tout son possible pour кtre proche des intйrкts et des espoirs de notre Patrie.


Kiril Voronovitch
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