L’atome en transit

La Russie et le Bйlarus examinent la possibilitй de construction commune d’objets d’йnergie atomique
Il n’y a pas longtemps que le mot mкme “ atome ” provoquait au Bйlarus une sorte d’allergie publique. Et c’est tout а fait clair, si l’on prend en considйration les pertes йnormes que le pays avait subies aprиs la catastrophe de la centrale nuclйaire de Tchernobyl. Des millions d’hectares retirйs de l’agriculture, des centaines de mille personnes а dйmйnager aux rйgions propres, plusieurs milliards de dollars de pertes matйrielles, un sursaut d’affections... D’oщ l’on comprend pourquoi l’opinion publique de l’йpoque s’est prononcйe catйgoriquement contre toute suite de construction prиs de Minsk d’une centrale nuclйaire thermique devenue une centrale thermique ordinaire. La construction de nouveaux objets nuclйaires a йtй tabouisйe.

Cependant, aujourd’hui, 20 ans aprиs la catastrophe de Tchernobyl, on voit changer peu а peu l’attitude а l’йgard de l’йnergie atomique au Bйlarus. Cela s’explique par quelques raisons. D’une part, les annйes passйes se sont caractйrisйes par une dйmarche qualitative importante de sйcurisation totale des objets d’йnergie atomique. Oleg Martynenko, directeur de l’entreprise rйpublicaine “ Stratйgie йnergйtique ” estime que, par exemple, les piles d’aujourd’hui excluent tout risque de graves rйactions nuclйaires, thermiques et explosives. “ De nos jours, la rйpйtition dans le monde des incidents comparables а la catastrophe de Tchernobyl ou а l’avarie de la centrale nuclйaire amйricaine “Trimile-Island ” est pratiquement impossible ”, — estime-t-il.

D’autre part, il est plus йvident que le gaz, le pйtrole, le charbon ont besoin d’une alternative mйilleur marchй, plus prйdictible et, parfois, plus propre. De plus, les sources minйrales d’йnergie deviennent constamment plus chиres et les plus prйcieux d’entre eux peuvent s’йpuiser bientфt. Les experts le comprennent parfaitement et prйvoient la “ suralimentation ” йnergйtique puissante des sources traditionnelles d’йnergie par l’atome “ de paix ”. En mкme temps, le Ministиre de l’йnergie du Bйlarus йtudie constamment l’opinion publique concernant l’idйe de construction d’une centrale nuclйaire, fait des йtudes sociologiques ciblйes. Au cours de la derniиre de celles-ci, a racontй aux journalistes Vladimir Bobrov, chef du dйpartement du dйveloppement stratйgique du Ministиre de l’йnergie, un sur trois interrogйs a approuvй le projet de construction au Bйlarus d’une centrale nuclйaire. Encore 14 pour cents ont dйclarй qu’en vertu des raisons diverses ils soutiendraient cette initiative. Ainsi, elle a trouvй un certain soutien de presque la moitiй de la population du pays. “ Maintenant, ceux qui soutiennent cette idйe sont beaucoup plus nombreux que ses adversaires ”, — a remarquй Vladimir Bobrov.

Ayant gйnйralisй les pronostics du dйveloppement de l’industrie biйlorusse et de la hausse des prix de l’йnergie йlectrique, ainsi que les plans d’augmentation de la part des ressources йnergйtiques locales dans la balance combustible, les scientifiques de l’Institut rйuni des recherches йnergйtiques et nuclйaires “ Sosny ”, situй prиs de Minsk, pensent que la mise en service d’une pareille centrale serait optimale en 2015. Cela signifie que l’argumentation d’un projet d’investissement correspondant doit кtre faite au cours des deux annйes а venir. Le gйnie civil, le montage et le rйglage d’йquipements prendront prиs de cinq ans, comme le tйmoigne la pratique mondiale. On prend pour modиle un rйacteur а eau lйgиre sous pression qui est considйrй plus sыr et exclut toute possibilitй de consйquences catastrophiques, a annoncй Alexander Jakushev, directeur gйnйral adjoint de l’Institut “ Sosny ”. En mкme temps, en justifiant la nйcessitй de construction d’une centrale nuclйaire on prendra en considйration les consйquences йcologiques possibles pendant sa construction, ainsi qu’а l’exploitation.

Il s’agit d’un objet unique, en fait de la crйation d’une nouvelle branche de hautes technologies qui ferait face а un nombre de problиmes sйrieux, dont l’un est le stockage et l’utilisation du combustible atomique rйcupйrй. Si le fournisseur s’en occupe, cela nйcessiterait toujours des ressources. Il faut crйer autour de la centrale nuclйaire une infrastructure ramifiйe et assez coыteuse, prйparer des centaines de spйcialistes bien qualifiйs. Sur ce fond d’autres avantages sont liйs avec l’idйe de branchement du Bйlarus au club des pays possйdant l’йnergie atomique. Il y a une proposition de construction d’un bloc “ biйlorusse ” а la base de la centrale nuclйaire de Smolensk, selon Vladimir Bobrov. “ Cette offre est prйcieuse car on y a dйjа toute l’infrastructure, les experts, l’йquipement nйcessaire ”, — a-t-il remarquй. On admet que cette variante permettra de rйduire le prix de la rйalisation du programme nuclйaire national.

Une des variantes du pronostic prйvoit que la construction de la centrale nuclйaire au Bйlarus rendra vers le milieu du siиcle courant l’йnergie atomique dominante, et sa part atteindrait 80 pour cents dans la balance йnergйtique et combustible du pays.

Aleksander Sokolovski
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